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Les Vallees Blanches D'Hilary Dymond

L'artiste galloise poursuit avec cohérence son dialogue pictural avec la réalité. Après les champs et les étangs des Dombes, sa nouvelle thématique aborde la chaîne des Alpes à Chamonix. Hilary Dymond, qui a choisi de vivre à Lyon où elle travaille depuis dix-sept ans, s'imprègne de la nature environnante où elle trouve les correspondances plastiques pour reconstruire son monde, par la peinture. Son œil enregistre à la façon de l'objectif. Cadrage, illusionnisme ravissent une image, toujours renouvelée dans sa permanente présence. Ce n'est là que la première étape d'une entreprise de transfiguration. La peinture est du côté de la tactilité et non de la prise de vue objective. Alors Hilary Dymond s'immerge dans un paysage dont elle vit, physiquement, l'illusoire physiologie. Les nuages bas, les brumes qui cachent et découvrent les sommets dans un mirage qui ne cesse de métamorphoser une identité mouvante. L'artiste se confronte à l'épreuve de faire ressemblant, sans perdre la saveur que lui donne la parfaite maîtrise de l'huile. Un exercice avec lequel elle s'est imposée et qui dépasse la virtuosité. De longues promenades sur les pistes neigeuses la confrontent aux pics dressés dans le ciel azuréen, la familiarisent avec ces défilés où alternent pics, glaciers et vallées. Un répertoire d'images mémorisées qui à l'atelier vont resurgir sur la toile. La palette s'est réduite au blanc et à ses camaïeux de gris, de noir rehaussés de quelques touches de vert. Puissamment écrit dans la matière, le sujet s'installe par constructions progressives. Le pinceau et la brosse se conjuguent dans des approches fougueuses et des touches précises pour exprimer l'univers poudreux et glacial des pentes partiellement enneigées. Une vision où l'hyperréalisme décalé se revivifie d'une sensibilité pudique mais forte. Hilary Dymond se situe dans l'héritage des peintres de neige avec lesquels elle renoue dans son désir de transcrire une réalité qui s'infléchit d'un fantastique dont elle ne dissimule pas le rôle joué dans notre imaginaire. Entre le témoignage par la peinture, celle du Lyonnais François-Auguste Biard et l'interprétation surnaturelle d'un Friedrich, Hilary Dymond a trouvé sa place avec talent et une sincère conviction.

Les "Vallees Blanches" D'Hilary Dymond, Le Sentiment Du Sublime

Des pics, des aiguilles, des massifs, des barrières, des abîmes, des précipices... La haute montagne, celle des sommets et des névés, dans tout son laconisme altier. Âpreté sombre du minéral, matérialité brutale de la roche, évanescence des brumes et immatérialité des nuées, luminescence des neiges, cieux changeants. La pâte est travaillée avec peu d'épaisseurs et d'empâtements, mais avec énergie. De larges coups de brasses et d'amples gestes ordonnent l'espace, y construisent en grandes masses le motif par touches visibles ou imperceptibles. Entre le blanc et le noir, la gamme chromatique balaye une palette d'infinies nuances. Un gris blanc côtoie un bleu gris, fleurte avec un beige brun. Des effets de fondu et d'estompé caressent l'œil, séduit par ailleurs par l'abrupt des contrastes ou la subtilité des harmonies colorées. Violence et douceur, force et délicatesse, économie d'effets. Le peintre maîtrise parfaitement son art et son métier, La représentation oscille entre réalisme -hyperréalisme presque, parfois - et abstraction. Certains morceaux sont en effet d'un véritable expressionnisme abstrait. Il n'y a aucun pittoresque, dans ces images, rien d'anecdotique. Ni de répétitif malgré la récurrence du motif. Aucun romantisme non plus dans cette vision naturaliste, atmosphérique, quasi phénoménologique. Mais un sentiment de !a montagne fait de dépassement, de volonté, de force, l'idée d'une nature exigeante, et d'une beauté violente. La force plastique de la montagne, l'esprit des sommets sont totalement dans ces tableaux habités d'un sentiment d'absolu, né du dialogue du peintre avec la montagne. Sa transposition plastique traduit la qualité d'observation et l'acuité du regard, ainsi que l'intelligence profonde que le peintre a de ce milieu. Expression du sacré chez Friedrich, dimension cosmique chez Tumer, la montagne chez Hilary Dymond est présence élémentaire et transcendance. La nature vue avec l'œil de l'esprit y apparaît dans une vérité supérieure. Cette représentation de la nature provoque chez qui la regarde le sentiment du "sublime." Le Sublime, cette chose de l'ordre du surgisse-ment et de l'éblouissement, d'une autre nature que le Beau, et qui, dans les dernières décennies du XVllle siècle, où s'invente en peinture la Montagne, s'impose comme la catégorie dominante de l'esthétique. Si le travail d'Hilary Dymond, tout d'ascèse et d'austérité, ne nous renvoie pas à "l'horreur délicieuse" ou au "plaisir mêlé d'effroi" évoqués par les textes de l'époque, il exprime bien en revanche ce moment de "grandeur absolue", définit par Baldine Saint-Girons(1) dans son approche du sublime en peinture. Tout y est. L'élan de l'esprit stimulé par la verticalité, une certaine inquiétude en même temps qu'une euphorie, et la découverte d'une "altérité radicale" d'où l'humain est exclu. 
(1)in Catalogue Le paysage ou la question du sublime, exposition du musée de Valence, 1997.

Les "Vallees Blanches" Sourient A Hilary Dymond

Quel tonus chez cette artiste qui se collette avec d'immenses toiles pour ses «Vallées blanches» qui «s'arrachent» au «Soleil sur la Place». Riche de ses expositions passées, elle triomphe, dans un grand rire, du Brévent et de ses sujets alpestres. Mais je la préférais dans ses précédentes présentations, plus sensibles, déclencheurs d'émotions avec ses arbres frémissants, ses étendues d'eau... Ecologique !

Hilary Dymond, Une Galloise Qui Expose

Fille d'un mineur gallois, Hilary Dymond arrête l'école à l'âge de 16 ans pour travailler en usine,comme sa mère. Puis elle s'engage dans l'armée dès l'année suivante «pour échapper à un avenir sans espoir». Trois ans plus tard, travaillant à Londres pour l'Otan, elle rencontre son mari et met au monde trois enfants. Mais, passionnée par la peinture, elle intègre les Beaux-Arts de Londres à l'âge de 30 ans. En 1987, le couple vend sa maison et décide de s'installer à Lyon. « Ce ne fut pas un simple coup de poker, mais une véritable renaissance et une épreuve, confie-t-elle. D'autant que nous sommes arrivés sans parler un mot de français. » Elle s'inscrit malgré tout à l'école des Beaux-Arts de Lyon, dont elle sort diplômée en 1990 avec mention. Depuis, elle expose ses œuvres à Lyon, mais aussi à Los Angeles, Stuttgart et en Italie. Quinze jours après le vernissage de sa dernière exposition lyonnaise, quarante tableaux avaient déjà été vendus. "Je trouve que c'est un miracle, parce que personne n 'est obligé d'acheter une peinture. C'est extraordinaire »,assure-t-elle. Cette artiste de 51 ans se défend de toute démarche intellectuelle: "Je ne suis pasune philosophe qui peint. Je ne triche pas.

Hilary Dymond Au Grenier Des Lyres

Adresse réputée à Lyon, le Grenier des Lyres vient de changer de propriétaire. Ce sont deux jeunes Lyonnais, Damien Chevillot et Philippe Vincent, qui ont racheté l'affaire à Thierry Gâche, l'ancien chef du Grenier des Lyres, Pour la déco, pas de grands bouleversements, puisqu'on retrouve toujours les murs en pierres apparentes, les boiseries, les tuyaux métalliques pour l'aération au plafond... Mais va ne touche pas vraiment H Mary Dymond: "Je ne suis pas du tout sensible au cadre dans un restaurant. Ce qui compte pour moi, c'est avant, tout ce que j'ai dans mon assiette !" En revanche, la carte a été complètement changée par le nouveau chef Michael Houx, qui a travaillé notamment au Chabichou à Courchevel et à la brasserie de l'Est à Lyon. Sa Spécialité: le foie gras, cuisiné à la poêle. en terrine, en bonbon ou même servi avec un pain perdu caramélisé... Mais le chef propose aussi une crème brûlée aux langoustines, un risotto de Saint-Jacques ou un filet de bœuf Rossini. Hilary Dymond choisit en entrée un trio de foie gras maison : un foie légèrement poêlé servi sur des pommes vanillées, et deux foies gras cuits en terrine dont un parfumé aux épices. Suivi d'un rôti de lotte à l'huile d'olive servi sur des germes de soja, accompagné d'une tartine de tapenade. Le vin: un saint-joseph blanc de chez Pierre Coursodon, Mais comme les plats sont copieux, elle avoue ne plus avoir assez faim pour un dessert. Dommage, car la carte a l'air excel lente. Le service est également impeccable. Verdict final : très bon mais sans surprise. "Je suis toujours très critique, car j'adore faire la cuisine. Du coup, je suis extrêmement exigeante au restaurant", explique-t-elle en reconnaissant que ce restaurant a quand même un bon rapport qualité-prix: 20,50 euros la formule sans les vins.

Visite d'Atelier: Hilary Dymond

L'art des cîmes
Telles des offrandes à quelque génie tutélaire du lieu, les assiettes en carton beurrées d'une pâte teintée de gris et de bleu sont posées à même le sol, précisément sous les tableaux. Témoins d'une orgie de peinture, les sacs poubelles de 100 litres dégorgent des mêmes vaisselles jetables lellemem raclées qu'aucune croûte n'a le temps de se former. Auparavant, elles se trouvaient certainement sur la grande table ovale placée de façon stratégique qui permet la rotation d'un tableau à l'autre, au gré de la perception qu'Hilary Dymond a de sa propre peinture. La loi des séries réalisées par l'artiste originaire du Pays de Galles lui interdit tout itinéraire préconçu.

Ses tracés d'un volume figuré ne s'arrêtent pas aux limites d'une seule œuvre. Ils persistent à se prolonger sur une autre surface et continuent leur cheminement au-delà de l'espace intervallaire qui sépare deux toiles. Symptomatiques de ce continuum formel, les touches de finition sont apposées aux bords des cadres seulement quand Hilary suppose sa vision du motif épuisée. Ce besoin de démultiplier les angles de vue naît de son impossibilité de réduire le paysage qui l'enveloppe en un seul cliché. La crainte d'amidonner un pan de « Montagnes », son actuel travail, se traduit par une fugue picturale rythmée en tons quasi monochromes. Où le proche - masse neigeuse à peine ourdie par des touches onctueuses - et le lointain sombres anfractuo-sités des rocs alpins - s'étendent à perte de vue.

Dépouillement

L'espace de travail de Hilary s'ordonne par ailleurs à ce nomadisme formel. Son environnement est exempt de toute volonté d'arrimage usuel. Même par temps froid, le chaleureux thermos est banni.

Les boissons chaudes gouttent d'une machine à usage collectif. Le mobilier endurcit l'ambiance de travail. Le canapé « housse » de beige est aussi peu propice au farniente qu'à la pause en l'absence de tout plaid ou de coussins rembourrés. La nudité Spartiate de ce rez-de-chaussée d'usine - l'atelier est hébergé au sein de la société caladoise Tair, dirigée par le collectionneur Gilles Blanckaert - renvoie à une peinture qui, pour être figurative, n'en est pas moins abstraite de tout effet douillettement décoratif.

Aux palettes maculées, signes a minima de distinction professionnelle, elle préfère les récipients à usage unique qui lui permettent à chaque fois d'inaugurer de nouveaux motifs avec des contenants immaculés. Les inaugurations opportunes d'outils neufs lui procurent peut-être ce picotement exalté propre aux veilles de rentrées de classe, lorsqu'on découvre et approfondit les matières avec des ouvrages aux senteurs d'encre fraîche. Hormis les tubes de couleurs, et encore sont-ils réduits aux seuls tons nécessaires à la présente série des « Montagnes », l'anonymat du décor n'a d'équivalent que l'absence d'ornementation. On remarque l'absence de reproductions d'eeuvres de Constable ou de Courbet dont elle revendique pourtant la filiation. Assurément, Hilary Dymond ne s'encombre pas de balises censées marquer son territoire. Son seul terrain demeure l'illimité de la toile. Et les vasistas qui vaporisent son atelier d'éclats de lumière sont justement dimensionnés pour la préserver de toute tentation distrayante, celle du statut de la peinture contemporain!.' par exemple. « Un débat étriqué, seulement franco-français » s'exclame celle qui a toujours enduré l'espace de la toile. Sans romantisme et donc en rupture de ban avec l'humanisme classique, les paysages de Hilary Dymond sont béants de minutie à la manière de la peinture « montagnes et eaux » de la période Song. Où chaque trait est un précipité de monde.

Les Bons Plan D'Hilary Dymond

D'origine anglaise, Hilary Dymond est une peintre reconnue qui vit depuis une vingtaine d'années en France à Poleymieux-au-Mont-d'Or, près de Lyon. Après avoir peint surtout des paysages de la Dombes, elle vient de réaliser une série de tableaux sur la Vallée blanche à Chamonix. A 52 ans, cette Lyonnaise d'adoption est une femme dynamique au style naturel et décontracté. Pour Lyon Générations, elle a accepté de dévoiler ses bons plans et adresses. Décoration "J'habite dans une ancienne grange qui a été construite il y a plus d'un siècle à Poleymieux-au-Mont-d'Or, un petit village situé à une quinzaine de kilomètres de Lyon. J'adore cette maison que nous avons entièrement réaménagée. En fait, j'aime me sentir bien chez moi. C'est pourquoi j'aime les pièces à vivre où on peut se détendre en famille. Par exemple, ça ne me dérange pas d'avoir une télé dans le salon, même si ce n'est pas très esthétique. Je ne veux pas que ma maison devienne un show-room! Côté déco, j'ai des meubles anciens et contemporains. J'aime le mélange des styles. J'ai par exemple plusieurs reproductions de meubles anciens, que j'ai achetées chez Grange à Lyon. Mais également de véritables antiquités que j'ai trouvées dans des brocantes. Et pour le style plus contemporain, je vais souvent chez Ikea, où j'ai acheté un canapé, un fauteuil et une table basse. J'adore en fait ce style Scandinave pour les lignes épurées, le bois... Quant aux couleurs, j'ai misé sur des tons crème, beige, marron et ocre. Avec des parquets en chêne. Ce qui apporte beaucoup de sérénité et de naturel à ma maison. Et j'ai recouvert également les murs de mon salon de chaux pour cacher les pierres apparentes car je n'aime pas le côté trop rustique. Comme je déteste le style anglais avec des couleurs vives et des motifs à fleurs ! Par contre, j'aime beaucoup les chandeliers et les bougies, que j'achète souvent à Purb's à Londres quand je retourne en Angleterre. Quant aux ustensiles de cuisine et au linge de maison, je vais chez Geneviève Lethu mais aussi aux Galeries Lafayette à Bron, où je trouve les marques Kenzo et Ralph Lauren. C'est un peu cher mais toujours de qualité." Mode "J'ai un style très naturel et décontracté. J'ai horreur des tailleurs ou des tenues trop apprêtées, car j'aime me sentira l'aise. D'ailleurs, ma tenue préférée, c'est jeans, chemise, baskets ou chaussures pointues avec un petit talon. Et j'achète toujours le même style de vêtements. Du coup, on croit que je porte tout le temps la même chose. De plus, je choisis uniquement des couleurs neutres, comme le noir, le blanc, le beige, le marron clair... Car je n'aime pas les couleurs vives. Je me suis acheté l'an dernier pour Noël une robe rouge que je n'ai jamais mise. D'ailleurs, j'ai peu de robes de soirée, car je sors rarement. Je ne suis pas du tout une mondaine. Je préfère rester chez moi avec ma famille ou des amis. Pour travailler, je porte souvent des vêtements que j'achète chez Zara. Comme c'est pas cher, je n'ai pas peur de les abîmer. Par contre, quand j'ai envie de me faire plaisir, je vais chez Max Mara et Ralph Lauren, car j'adore le style, à la fois classe sans être trop sophistiqué. Je trouve ces marques chez Aldeen, une petite boutique à Villefranche-sur-Saône. Mais je vais aussi parfois chez des créateurs lyonnais comme Nathalie Chaize où j'achète surtout des petits hauts. J'aime aussi beaucoup Agnès B. Quant aux chaussures, je ne suis pas du tout fidèle. Même si j'aime beaucoup ce que font Mosquitos ou Manfield. Enfin, je ne porte aucun bijou, ni chapeau ou autres accessoires. Et je n'aime pas particulièrement les sacs à main." Beauté "Je ne vais jamais dans les instituts de beauté. D'ailleurs, je n'utilise aucun soin de beauté : ni crème de jour ou de nuit, ni antirides ! Juste du savon pour mon visage. De plus, je me maquille très peu : une petite touche de fond de teint Clinique et de poudre pour me donner bonne mine, et un soupçon de mascara marron. Mais j'ai toujours la main très légère, car j'aime le naturel et la simplicité. De plus, je trouve que quand on commence à vieillir, il ne faut pas trop se maquiller. Car ça accentue souvent les rides et les marques de fatigue. Si je ne prends pas trop soin de mon corps, par contre, j'accorde beaucoup d'importance à mes cheveux. J'adore les shampoings! Et, je teste toutes les nouveautés: les shampoings aux plantes, les revitalisants, ceux qui don nent de la brillance, de la luminosité... Et je vais très souvent chez le coiffeur, car je ne supporte pas d'être mal coiffée. Je me sens alors très mal dans ma peau. Après avoir essayé de nombreuses chaînes comme Moreno, Dessange, Holt, j'ai choisi Lorigan, un petit salon de coiffure à Limonest. C'est le seul salon qui me satisfait. J'ai enfin trouvé mon style, notamment grâce aux mèches blondes que me fait ma coiffeuse, ce qui permet de cacher mes cheveux gris. Enfin, côté parfum, je suis très infidèle. J'aime changer pour ne pas m'habituer à une odeur, car à force on ne la sent plus. En ce moment, je mets Eternity de Calvin Klein et Romance de Ralph Lauren. Des parfums très fleuris qui me correspondent bien. Par contre, je ne me parfume jamais quand je vais au restaurant pour ne pas brouiller le goût de la cuisine et du vin. D'ailleurs, je ne supporte pas les gens qui fument à table. Je trouve cela irrespectueux." Restaurants "J'adore cuisiner. C'est vraiment une de mes passions. J'ai appris la cuisine française en Angleterre grâce aux frères Roux, des chefs très connus à Londres qui ont plusieurs restaurants gastronomiques. Ils ont édité des livres de cuisine, qui sont pour moi une véritable bible ! Ce que j'aime dans la cuisine française, ce sont surtout les sauces: la béchamel, la béarnaise, les sauces à la crème, au vin blanc... D'ailleurs, mon plat préféré, c'est le poulet de Bresse à la crème et aux morilles. Mais j'aime aussi les plats traditionnels comme le gratin dauphinois avec un bon gigot d'agneau. Je cuisine également beaucoup de plats indiens. J'ai découvert cette cuisine quand je vivais à Londres, car il y a énormément de restaurants indiens là-bas. Du coup, aujourd'hui, j'achète mes épices chez Bahadourian pour cuisiner agneau, poisson ou poulet avec du riz basmati. Mais je fais aussi les marchés, car je n'achète que des produits frais et de saison. J'adore par exemple celui de Chatillon-sur-Chalaronne dans l'Ain, car on trouve d'excellents produits de terroir. Du coup, je vais rarement au restaurant, car je suis souvent déçue. D'ailleurs, au restaurant je commande toujours des plats que je ne fais jamais chez moi. Je n'ai pas vraiment de restaurants préférés, car j'aime tester et changer. Mais je vais de temps en temps dans les brasseries de Bocuse, notamment le Sud pour sa cuisine méditerranéenne et l'Ouest à Vaise pour sa cuisine des îles. J'aime aussi les restaurants étoiles: Blanc, Lassausaie et surtout Troisgros à Roanne. C'était le premier restaurant gastronomique que j'ai découvert quand je suis arrivée en France. Et ça a été mon plus beau souvenir. Le prochain que j'aimerais faire, c'est Marc Veyrat près d'Annecy," Ligne "Je n'ai jamais vraiment fait attention à ma ligne, car je suis trop gourmande. D'ailleurs, je n'ai jamais réussi à faire un régime jusqu'au bout ! De plus, je fais pratiquement pas de sport. Je marche un peu la journée, mais c'est seulement pour trouver l'inspiration. C'est-à-dire que je vais souvent me balader dans la Dombes à Saint-André-de-Corcy, mais aussi vers Montanay, Mionnay... Du coup, ça n'est pas vraiment une marche sportive. Mais cette année, j'ai décidé de faire plus de sport, car je vais avoir 52 ans. C'est pour cela que je me suis acheté un vélo d'appartement et un rameur. Et j'ai décidé de nager beaucoup plus souvent dans ma piscine à Poleymieux. D'autant plus qu'on a installé un système de nage à contre-courant Ce qui permet de se muscler les bras." 1964 : entrée à la Gramar school de Blackwood 1970 : engagement dans l'armée en tant qu'assistante dentaire 1973 : rencontre de son mari, Timothy 1974 : naissance de son premier enfant, Andrew 1984 : entrée aux Beaux-Arts de Londres 1987 : installation à Poleymieux-au-Mont-d'Or  

1990 : première exposition à la galerie Dédal à Annemasse en Haute-Savoie

Hilary Dymond "Valees Blanches"

Son prénom est le nom de celui qui conquit l'Everest. Aujourd'hui la voilà quittant ses plaines de

l'Ain et l'horizontalité des champs de blé pour s'attaquer à un pari des plus risqués et, pour tout

dire, des plus casse-gueule. En effet, dans une contemporanéité affirmant que la peinture n'a plus

rien à exprimer, qui méprise le peintre artisan ou artiste, Hilary Dymond prétend être

"figurative"' et prendre comme "sujet" la montagne, sa verticalité et ses "vaflées blanches". Les

Monsieur Prudhomme de la dite contemporanéité et quelques zoïles boursouflés; s'ils venaient voir,

ricaneraient ici à propos de "cartes postales" ou de ringardise dans le propos.

Physique...

Faisant fi de cette sainte Inquisition, H. Dymond ose ce sujet "intouchable" - hors "la caste" pour

en faire un ailleurs, car elle possède désormais une totale maîtrise de ses intentions, de son

médium et de sa technique. La "Peinture" vient avant le "sujet" ; ce qui est bien la marque des

grands. La peinture n'est ici ni facile ni racoleuse, mais au contraire l'affirmation lucide,

péremptoire jusqu'à l'évidence d'un classicisme revisitépar ('aujourd'hui, en fréquentant ou

frôlant le fantastique et le baroque dans un lyrisme passionnel. Cette série de paysages de la

chaîne des Alpes vient comme une vision du monde. Un monde qui va mal et sur l'extrême souffrance

duquel des "artistes", de façon de plus en plus obscène et complaisante, font leur carrière et leur

business. Dans une gestuelle physique à l'extrême, Hilary Dymond leur oppose la farouche énergie de

vivre, l'amplitude du combat avec la nature, avec la matière, dans un formidable élan païen et

régénérateur. Les à-pics, les cimes que l'on croirait vierges, les successions de sommets, les

masses énormes qui envahissent la toile proposent toute la virulence des espaces de grands vents

abandonnés des hommes. Tout le contraire des univers confits.

... et métaphysique

Retentant la verticalité, après l'ancienne série des bois de bouleaux, Hilary Dymond donne pourtant

une dimension métaphysique à son œuvre. Comme si venait une mystique des hauteurs. Due au vertige du

grand blanc, de l'espace infiniment vide, de la composition des masses qui basculent ou

s'équilibrent, et à cette palette semblant restreinte au départ avant de révéler une extrême

variété dans les nuances comme dans la touche ou le geste de peindre. Hilary Dymond révèle la force

pas forcément tranquille de la nature, dans sa plasticité, jusqu'à rester dans l'inconnu à force de

l'interroger. Pourtant, elle a le don de faire parler le silence. A sa manière, elle résout encore

la vieille querelle des chapelles figuratives et abstraites. Lyrique, sans ampoulement wagnérien ni

maniérisme rococo, au cœur de l'esprit sans religiosité insane, vivante sans aucun regret. Parce que

peintre. A la moelle.

Stani Chaine

La-Haut Sur La Montagne Avec Hilary Dymond

« Mountains », dernière période d'Hilary Dymond se passe de commentaire, dans le sens où le mode de

représentation demeure réfractaire à l'analyse. La verticalité des parois alpines n'offre la

moindre prise capable d'en intellectualiser l'approche. Ses « Montagnes » se suffisent à

elles-mêmes. D'où le désarroi, le malaise jusqu'au vertige qu'elles provoquent. Ivresse non pas des

cimes mais des évidences. Celles de la pureté des lignes, de la solidité de la matière, de leur

puissance que l'on voudrait suggestive mais qui se limite au simple constat. Hîlary Dymond peint en

un certain sens le vide de la raison.

Un art moins innocent qu'il n'y paraît

C'est-à-dire l'absence d'intention, de préméditation. Elle s'en tient strictement à la réalité de

la surface représentée qui définit le sujet dans l'espace et en énonce les limites. Un art du

désengagement, dans la mesure où l'artiste s'en remet strictement à la figuration. On est dans la

réfutation de tout artifice de mise en scène, de toute rappropriation ou interprétation de la

réalité objective. L'artiste paraît même cultiver avec un soin tout particulier cet instant où

l'aboutissement du motif ne devra à aucun prix aller au-delà de l'apparente banalité figurée. Elle

se tient sur le fil du rasoir, là où la reproduction risquerait par trop d'application de basculer

dans la partialité, où la moindre implication pourrait n'être que prétexte à un quelconque

épanchement de subjectivité, sujet à extérioriser une émotion qui viendrait rompre ce froid constat

d'une réalité clinique, étrangement proche et à la fois implacablement distante. Le peintre se

refuse à dépasser le sujet, à outrepasser un certain stéréotype dans l'impartialité du rapport.

Néanmoins c'est bien à travers le radicalisme de cette démarche qu'elle parvient à retenir notre

attention. L'effacement du créateur au profit unique et exigeant du spectateur en tant que sévère

témoin, interpelle, dérange, déstabilise la perception, parasite et court-circuite la réception.

Hiiary Dymond, en même temps qu'elle s'interdit toute liberté et nous en verrouille les accès,

instruit la problématique d'une vraie dimension avec le réel. Celui-ci, en affirmant sa présence,

son omnipotence, infirme toute pertinence au commentaire, à ses dérives et au détournement du sens.

Ce faisant, le peintre en accepte les risques considérables. Ceux de susciter par exemple

l'incompréhension par la flagrance du manifeste, ou au contraire d'exercer une séduction de pure

convention par un traitement de l'image exclusive ment formaliste. On est loin des ambiguïtés

paysagères qui précédemment dans « Fîelds », jouaient sur la fragilité et la ténuité des frontières

entre l'exploitation d'un espace déterminé et la métaphore de son détournement vers l'abstraction.

Dans « Mountains ». nul semblable aller-retour du regard à de la réflexion pour démêler, qui de la

source où de sa relecture soumise à des glissements sémantiques, doit affirmer son primat,

s'imposer à nos consciences, s'exposer à nos réticences ou nos rejets. On peut tout aussi bien lire

dans ce refus à s'impliquer, une certaine forme d'acceptation de l'acquis visuel, il pourrait

traduire une sagesse sans autre arrière pensée que de nous ramener à la permanence des choses et à

leur acceptation. Et corollairement à leur souveraine virtualité. L'art d'Hilary Dymond est donc

moins innocent qu'il n'y paraît.

ROLAND DUCLOS